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UE3 - Philosophie des sciences 1

UE3 - Philosophie des sciences 1

En pratique :

Langue principale : français

Description du contenu de l'enseignement

Le cours consiste en une lecture critique de l’un des ouvrages majeurs de la philosophie des sciences : la Structure des révolutions scientifiques (1962) de Thomas S. Kuhn. Il s’agira d’examiner de près la fameuse thèse de l’incommensurabilité des paradigmes scientifiques, mais aussi, à travers elle, l’ensemble des problèmes qui lui sont associés et qui alimentent encore aujourd’hui les débats épistémologiques : le rapport entre théorie et observation, découverte empirique et changement conceptuel, les critères de scientificité et de choix théorique, et enfin la question du réalisme scientifique.


Compétences à acquérir

À l’issue du cours, l’étudiant doit être en mesure de maîtriser les concepts et thèses centraux de l’épistémologie de Thomas Kuhn :

- paradigme scientifique (généralisations symboliques, modèle métaphysique, normes et valeurs, exemples) ;
- science normale ;
- anomalies ;
- crise scientifique ;
- science révolutionnaire ;
- thèse de l’incommensurabilité des paradigmes (observationnelle, sémantique, méthodologique).

Le cours vise également à acquérir la maîtrise de certains thèmes, problèmes, thèses, arguments et concepts qui ne sont pas proprement kuhniens mais à l’égard desquels Kuhn prend position, car ils jouent un rôle structurant dans les débats épistémologiques contemporains :

- la charge théorique de l’observation ;
- le sens et la référence des termes théoriques ;
- la question du réalisme scientifique ;
- la question de la nature du progrès scientifique (cumulatif vs non cumulatif) ;
- la thèse du holisme de la confirmation/réfutation (thèse de Quine-Duhem) et de la sous-détermination des théories par l’expérience ;
- la controverse autour du critère de scientificité ;
- la méthodologie falsificationniste (Popper) et le débat Kuhn-Popper ;
- la méthodologie des « expériences cruciales » ;
- le problème de l’induction ;
- le problème du relativisme.


Modalités d’organisation et de suivi

L’enseignement prend la forme d’un cours magistral qui accorde néanmoins une large place aux questions et à la discussion.

Le cours alterne entre un commentaire de la Structure des révolutions scientifiques (SRS), dont l’achat et la lecture sont obligatoires, et des rappels ou des introductions à des points d’épistémologie générale qui constituent l’arrière-plan de la SRS : la controverse autour du critère de scientificité, le débat avec le falsificationnisme de Popper, etc., voir « compétences à acquérir ».

Pour chaque thèse, concept ou argument avancés, le cours fournit un « cas d’école », c’est-à-dire un exemple illustratif tiré de l’histoire des sciences (notamment astronomie, mécanique, optique), qui permette de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un point plus général. Il peut s’agir d’un exemple de théorie scientifique, de modèle scientifique, de prédiction, de mesure, de compétition entre théories rivales, d’immunisation d’une théorie à l’égard d’un échec prédictif, etc. L’étudiant est ainsi invité à se constituer une « banque » d’exemples aussi détaillés que possibles, empruntés au cours ou tirés de sa propre connaissance de l’histoire des sciences, sur lesquels il doit pouvoir appuyer son propre discours à la fin du semestre.