Vous êtes ici

  1. Accueil
  2. UE5 - Philosophie du langage 2

UE5 - Philosophie du langage 2

UE5 - Philosophie du langage 2

En pratique :

Langue principale : français

Description du contenu de l'enseignement

Cet enseignement constitue le second volet du cours de philosophe du langage inauguré en 2ème année de licence avec l’examen de la théorie frégéenne du sens et de la dénotation. Nous procéderons cette année en deux temps. Tout d’abord, nous verrons comment sous l’influence de la théorie des descriptions définies de Bertrand Russell, les idées de Frege ont conduit à l’élaboration d’un puissant paradigme qui a dominé toute la philosophie du langage jusqu’au début des années 1970 : le descriptivisme du sens et de la référence des termes singuliers. Nous retracerons ensuite la « révolution » anti-descriptiviste qui éclate avec les travaux de Saul Kripke, Hilary Putnam, David Kaplan et Keith Donnellan. Ce nouveau courant ne se contente pas d’une réfutation en règle du descriptivisme. Il offre aussi un nouveau paradigme, connu aujourd’hui sous le nom de « théorie de la référence directe » (TRD), dans lequel le sens et la référence des noms propres, des démonstratifs et des termes d’espèce sont conçus en termes de désignation rigide et de relations causales. Le cours sera en grande partie consacré à un examen et une défense de la TRD, mais il s’intéressera aussi aux répercussions de la TRD en philosophie de l’esprit, notamment dans le débat qui oppose l’internalisme et l’externalisme du contenu des états mentaux.


Compétences à acquérir

À l’issue du cours, l’étudiant doit être en mesure de maîtriser les principaux problèmes, arguments, concepts et thèses en jeu dans la controverse qui oppose les descriptivistes (Russell, Searle…) et les théoriciens de la référence directe (Kripke, Kaplan, Donnellan…) :

- les trois « puzzles » de Russell pour une théorie des termes singuliers ;
- l’analyse quantificationnelle des descriptions définies (Russell) ;
- la théorie descriptiviste du sens des noms propres (Russell, Searle) ;
- l’argument modal de Kripke à l’encontre du descriptivisme ;
- le concept de désignation rigide (Kripke) ;
- la thèse de la rigidité des noms propres (Kripke) ;
- l’argument de l’erreur de Kripke à l’encontre du descriptivisme ;
- l’argument de l’ignorance de Kripke à l’encontre du descriptivisme ;
- la théorie causale de la référence.

Cela implique que l’étudiant soit capable, au terme du semestre, de formaliser les énoncés du langage naturel comportant des descriptions définies, à l’aide de la logique des prédicats du 1er ordre. La familiarité avec cette logique étant présupposée, il est très fortement recommandé de suivre assidûment le cours de logique dispensé au cours du même semestre. Avoir assisté au cours d’introduction à la philosophie du langage de Frege dispensé en 2ème année de licence est souhaitable bien que cela ne soit pas un prérequis.


Modalités d’organisation et de suivi

L’enseignement prend la forme d’un cours magistral qui accorde néanmoins une large place aux questions et à la discussion.

Le cours se présente comme un commentaire de l’article fondateur du descriptivisme, « De la dénotation » (1905) de Bertrand Russell (article distribué en cours), et du livre révolutionnaire de Saul Kripke, paru en 1972 et traduit en français sous le titre La logique des noms propres, dont l’achat, la lecture et l’usage en cours sont obligatoires.

Chaque concept, thèse ou argument introduit en cours est appliqué et testé sur des exemples tirés du langage naturel. Nous insistons auprès des étudiants sur le fait qu’il n’existe pas de philosophie du langage conçue dans l’abstrait ; dans ce domaine toute idée avancée doit être contrôlée sur des exemples concrets d’énoncés.

Les étudiants sont invités à se constituer un stock d’analyses d’expressions du langage naturel aussi complet que possible, auquel ils doivent pouvoir confronter leur propre discours à la fin du semestre.